Vingt
cinq siècles d’histoire
Près de 2500 ans séparent la stèle de l’Age de
Fer plantée à l’entrée ouest du Manoir, de la ligne
de chemins de fer du TGV Atlantique, qui, au nord marque désormais
la limite du domaine de Kernault.
Autant de siècles pendant lesquels l’homme a modelé le
paysage, nous laissant pour la période ancienne le témoignage
des nom de villages et des parcelles, puis les vestiges (XIIIe siècle
?) de ce qui fut sans doute le premier manoir et enfin, depuis le XVe siècle,
la fière architecture des bâtiments ordonnés autour de
la cour par des générations successives.
Les parties les plus anciennes du manoir remontent au milieu du XVe siècle.
Kernault appartient alors à la famille de Lescoët dont les armoiries
figurent toujours sur un vitrail de la chapelle.
Puis, tandis que par le jeu subtil des alliances, le domaine passe aux mains
des familles Le Bœuf, Le Veer, du Vergier de Kerorlay et de Poulpiquet
de Brescanvel, le logis subit plusieurs réaménagements qui sont
autant de remises au goût du jour de l’édifice médiéval,
aux XVIIe et XVIIIe siècles notamment.
Mais le manoir, maillon fondamental du paysage de l’Ancien Régime,
où il a succédé au château fort et à la
motte féodale, n’est pas seulement une architecture qui impose
son escalier monumental en granit ou sa luxueuse salle seigneuriale. C’est
aussi le centre d’une organisation sociale, juridique et économique
qui s’étend à tout un pays.
La vocation essentiellement agricole de l’ensemble se trouve d’ailleurs
confirmée au XVIIe siècle par la construction d’un superbe
grenier à pans de bois sur galerie, dont il n’existe que quelques
rares exemples en Bretagne.
Il n’est pas alors étonnant que Kernault, comme bien des manoirs
ait été un foyer de résistance à la Révolution
: chouans et prêtres insermentés y trouvèrent refuge,
dans une cache aménagée à cet effet.
Pour mieux connaître ce riche passé, Kernault dispose du trésor
inestimable des archives familiales : des milliers de documents qui, depuis
le XVe siècle permettent de suivre les grands évènements
de l’Histoire, vus et vécus par un manoir de Cornouaille.
Le
domaine de Kernault
Au XVIe siècle, le domaine de Kernault a une superficie de 73 ha. Les
partages successifs, les mutations économiques... vont le réduire
à une trentaine d’hectares.
C’est au début du XVIIIe siècle que les propriétaires
de Kernault introduisent des pommiers à cidre et en 1995, un verger
expérimental est créé dans le parc pour le suivi de 42
variétés anciennes de pommes à cidre.
De la même manière, les archives nous indiquent qu’il y
avait cinq ruches au Manoir à la Révolution. En Basse Cornouaille,
l’apiculture était loin d’être négligeable.
Rares étaient les fermes qui ne possédaient pas quelques ruches.
Il était donc normal que le manoir retrouve un rucher et ses abeilles
dans l'un des bois du domaine.
La vocation agricole de Kernault n’a jamais été démentie
au fil des siècles ; c’est pourquoi le domaine conserve un caractère
rural : prairies humides, bois, pâtures, sentiers de promenade. Le vivier,
présent dans les archives depuis 1540 a été réhabilité
en 1993.
Aujourd’hui, un plan de gestion différenciée est appliqué
au parc de Kernault, préservant sa vocation de domaine rural et concourant
à la protection de l’environnement. La valorisation des zones
naturelles permet, au détour des allées, de découvrir
tantôt un espace humide à pâturage, tantôt un espace
fermé de boisement libre. Des animaux rustiques contribuent, par leur
action écologique, à rétablir la biodiversité
de la faune et de la flore. Vergers conservatoires, haies bocagères,
nichoirs, renforcent ces actions.







